Durban

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Durban-
Corbières
Le chateau

Le village de Durban, dominée par l’incontournable château en ruines, se trouve au centre de la partie la moins peuplée des Corbières, où des routes étroites et sinueuses relient de minuscules villages — encore que le village lui-même se trouve sur la D611, une "grande" route relativement civilisée. A première vue, on pourrait croire que ces collines sont totalement sauvages et inhabitées, et que la main de l’homme ne les a jamais touchées — pourtant, en y regardant de plus près, on remarque qu’il reste les murets de terrasses abandonnées, que leurs flancs sont semés de minuscules abris coniques de pierres sèches appelés "capitelles" et que leurs crêtes sont occupées par des moulins à vent en pierre. Autrefois, la transhumance y amenait depuis les Pyrénées de vastes troupeaux de moutons pour y pâturer en hiver, les capitelles servant d’abris primitifs aux bergers itinérants.

Aujourd’hui, les moutons ont pratiquement disparu de la région, soufflés par les forces économiques. Les moulins à vent, immobiles et silencieux, ont perdu leurs voiles il y a longtemps déjà, car la culture des céréales a disparu de la région depuis des siècles. Comme ailleurs dans les Corbières, la viticulture a supplanté l’agriculture. Quant à l’autre activité locale, elle s’entend plus qu’elle ne se voit : ce sont les abeilles qui bourdonnent en butinant pour fabriquer le miel au goût exotique dont la vente est signalée par des panneaux le long des routes. La réputation du miel dit "narbonnais" au goût prononcé de romarin remonte à l’époque romaine. Laissez-vous tenter — son goût varie de manière étonnante selon la saison et la situation des ruches.

Durban est encore un village prospère et bien entretenue sur la Berre (dont est dérivé le nom Corbières, le préfixe "cor" provenant d’un mot pré-celtique signifiant "rocher"). Ce site est habité depuis l’époque romaine. Au sommet de sa colline, le château est un témoin de l’histoire mouvementée du Languedoc, depuis toujours lieu d’affrontement de forces opposées ; à l’origine forteresse construite par les rois d’Aragon, il fut remanié au 16ème siècle pour le rendre plus habitable — les belles fenêtres des façades nord et ouest datent de cette époque. Les barons de Gléon, dont le dernier du nom est mort en 1787, y vécurent pendant 600 ans. Vendu en 1873, le château servit ensuite, malheureusement, de carrière de pierres. Comme toujours, le panorama que l’on découvre du sommet vaut l’effort de la montée.

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La chapelle de St Felix
Entre Embres et Castelmaure et St Jean de Barrou

Si vous êtes à l’affût d’architecture romane, faites le détour par la chapelle St-Félix, entre Embres-et-Castelmaure et St-Jean de Barrou. Cette drôle de petite église située sur une bosse perdue au milieu des vignes et cernée d’un épais rideau d’arbres, est surplombée par les ruines du château et du village abandonné de Castelmaure.

La route départementale qui traverse Durban s’enfonce dans les terres de l’appellation Fitou, dont Villeneuve-les-Corbières est le principal village. Les producteurs du bourg et des alentours proposent des dégustations.

Hormis Durban, le seul village un peu important de ce terroir est Tuchan, sur les pentes du Mont Tauch. Culminant à 917 m, il s’agit d’une véritable montagne, dont le nom provient de l’occitan "touch", qui signifie if. Ces arbres en ont pratiquement disparu, mais on peut penser qu’ils y étaient autrefois très nombreux. Au sommet se trouve la Tour des géographes. Construite en 1791, au lendemain de la Révolution, elle fut conçue pour un groupe d’astronomes chargé par l’Académie des Sciences de mesurer avec précision le méridien de Dunkerque à Barcelone, dans le cadre d’un projet révolutionnaire de définition d’une unité standard de mesure. C’est ainsi que le mètre, défini comme le 1/10 millionième de la distance séparant le Pole de l’Equateur, a vu le jour. Au bout de six années de travail, en 1799, le mètre étalon coulé en platine fut présenté à l’Assemblée nationale. Pour ceux que cela intéresse, le mètre a été redéfini depuis comme la distance parcourue par un faisceau lumineux en 1/299 792 458ème de seconde...

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Tuchan
© CDT/Davy

Sur les flancs du Mont Tauch, au-dessus de Tuchan, se trouve la chapelle Notre Dame de Faste. On s’y rend par une piste abrupte, décrite laconiquement dans un de mes guides comme "peu carrossable", mais que nous avons empruntée sans trop de difficultés. On a expliqué le choix étrange de l’emplacement de cette chapelle dans un lieu éloigné de tout et quasiment inaccessible, par la présence d’un ruisseau, qui en fait une halte propice pour les voyageurs. Mais on peut lui préférer la légende qui veut que des marins perdus en mer aient brusquement aperçu une lumière sur le Mont Tauch, qui leur permit de savoir où ils se trouvaient et d’échapper au naufrage. Ils firent donc voeu de construire une chapelle à l’endroit où la lueur leur était apparue. Par contre, l’histoire ne dit pas pourquoi ils jugèrent bon de la priver de fenêtres.

A proximité de Tuchan se trouve le château d’Aguilar, l’une des forteresses "cathares" les plus impressionnantes (il s’agissait en fait de châteaux-forts où les Cathares se refugièrent). Conquis par Simon de Montfort en 1210, il devint à partir de 1260 l’un des "cinq fils de Carcassonne" (avec Puilaurens, Termes, Queribus et Peyrepertuse). Ces avant-postes situés à la limite méridionale du royaume de France protégeaient sa frontière avec l’Aragon. Il reste d’Aguilar un impressionnant donjon carré, entouré d’un rempart avec des tours circulaires aux quatre coins. On y trouve également une petite chapelle romane d’une grande simplicité vouée à Ste Anne.

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