Week-end raquettes dans le Massif du Carlit

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Samedi 31 janvier 2004 : réveil très matinal pour rejoindre les montagnes pyrénéennes. Depuis quelques jours nous pensons tous à ce week-end " Inuit ", les pieds dans la neige, façonnant notre igloo pour la nuit … De vrais aventuriers, ces trappeurs du club montagne de Lézignan / Corbières

11 h 00 : départ du col de Puymorens (1915 m), chaussures de randonnée au pieds, raquettes installées et sacs sur le dos, nous partons pour une aventure de 2 jours. Nous cheminons sur le sentier HRP enneigé et déversant.

12 personnes en file indienne : le guide Guillaume, Jacqueline, Patou, Luc, Steve, Antoine, Christine, Serge, Alain, Michel, Dominique et notre junior Jean Charles (13 ans).

Le chemin n'est pas très aisé, la neige a quelque peu masqué la trace et façonné un sentier déversant. Nos pieds sont instables et font l'objet de toute notre attention car à notre droite le vide est là et la glissade peut être dangereuse.

Nous cheminons avec prudence en longeant " le bac de cortal Rosso " et la " serra de Font viva ", pour nous diriger vers la " portella de Lanos " (2468m).

Par endroit, Guillaume est dans l'obligation de faire la trace du sentier à coups de pelle dans la neige afin que nous puissions tous passer sans crainte, certaines raquettes ont du mal à cramponner sur ce type de terrain instable et déstabilisent sérieusement leurs porteurs…

Mais la volonté est là et nous avons tous envie d'aller voir plus loin, cette montagne qui nous appelle.

Après environ 2h00 de marche suivant une courbe de niveau, nous entamons notre ascension vers le col (quelques 500m de dénivelé) sous un ciel bleu et un soleil radieux. Raquettes aux pieds et sacs (> 10 kgs) sur le dos, l'épreuve est physique et nous mouillons tous notre chemise !

Nous prenons du retard sur l'itinéraire choisi, Guillaume décide de courir devant afin de voir si le refuge non gardé " la maison des ingénieurs " (2133m) serait libre pour la nuit. Notre soirée " Inuit " dans l'igloo est compromise, ce sera pour une autre fois !

Le reste du groupe chemine doucement vers la " portella de Lanos ". Vue sur la barrage du lac, nous imaginons l'immensité glacée en amont : la lac de Lanoux.

Nous passerons au pied du barrage, la descente est plus aisée, le matériel et la technique se domptent progressivement. Le refuge n'est plus loin, le moral des troupes est revigoré… Le gîte est libre, et en plus il y a une paillasse pour les douze personnes ! Le luxe pour cette soirée qui devait se passer en plein air à la lueur des étoiles et des lampes frontales.

Chacun s'installe dans son petit coin pour la nuit, puis l'appel du ventre se fait sentir : les réchauds, les gamelles et les couverts sortent des sacs et la neige fond déjà pour la soupe " sachet " qui nous réhydratera.

Alain est un pro : soupe et cuisson du riz n'ont plus de mystère pour lui …

Après l'effort, le réconfort : l'adage se vérifie et la nuit s'annonce sous les meilleurs des augures. Il faut récupérer pour le lendemain.

20h00 / 20h30 : extinction des frontales, nous nous laissons aller dans les bras de Morphée… Enfin, c'est ce que nous croyions…

Nous entendons des voix dans le lointain, se rapprochant de plus en plus. C'est incroyable comment les sons de la montagne résonnent dans la nuit… 30 mn plus tard, un groupe de 12 jeunes arrivent au refuge animant la première partie de la nuit, engendrant quelques frayeurs chez certains d'entre nous : " au feu ! au feu ! " et branle bas de combat…

7h30 : lever des troupes après une nuit récupératrice. Le ciel est dégagé, super ! La neige fond déjà sur les réchauds pour le petit déjeuner et pour refaire le niveau des gourdes.

Les affaires sont rangées, le refuge nettoyé et nous voilà de retour sur les sentiers enneigés. Descente presque ludique par la " coma Juan ". La technique des raquettes est acquise et tout le monde prend du plaisir : un petit raidillon, puis une glissade sur les fesses, et voilà un ruisseau qu'il nous faut traverser… Rien ne nous arrête, nous cheminons les visages souriants.

Arrêt pique nique au niveau d'un refuge récemment construit, pause sous le soleil. Jean charles et Steeve s'entraînent à la construction d'un trou à neige mais s'épuisent assez rapidement… Il faut refaire le plein d'énergie, la descente va se poursuivre vers l'étang de Passet.

L'après midi se déroule sans encombre et nous rejoignons une large piste vers 15 h 30, bordant cet étang encore gelé. Surprise pour terminer cette randonnée neige : une horde de mouflons nous observent à quelques mètres au dessus de nous, nous les regarderons prendre la fuite vers des lieux moins fréquentés…

Arrivés au village de Porté Puymorens (1608m) peu de temps après.

Fin de notre périple.

Dominique