Fontfroide

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Narbonne : musée archéologique
Peinture murale romaine : détail

L’Abbaye de Fontfroide - qui a donné son nom à ce terroir - a beau avoir 900 ans, mais elle n’est pas la doyenne du coin. Sa voisine Narbonne est la ville la plus ancienne du sud-ouest de la France.

Narbonne

Narbonne est la ville la plus ancienne du sud-ouest de la France. Fondée par les Romains au deuxième siècle avant J.C, elle devint la capitale de l’ensemble de la Gaule du sud. A l’époque, elle possédait un port important, quoique de nos jours elle soit assez éloignée de la mer. Aujourd’hui son statut est considérablement réduit (elle a même vu la "nouvelle" ville de Carcassonne devenir la préfecture du département).

Cependant, elle constitue encore un grand carrefour routier et ferroviaire : "Narbonne, carrefour du Sud" est la devise qui vous accueille à l’arrivée de l’ouest. Les autoroutes A61 et A9 se rejoignent ici, ainsi que les deux lignes ferroviaires principales, l’une venant de Bordeaux et l’autre longeant la côte d’Italie jusqu’en Espagne. Si vous venez dans les Corbières vous passerez certainement par Narbonne au moins une fois, et c’est une ville qui vaut le détour. Quoique sa population dépasse légèrement celle de Carcassonne, elle a l’air plus calme et décontracté. On peut accéder facilement et au littoral, et aux Corbières elles-mêmes.

Histoire

L’origine de Narbonne se trouve dans l’oppidum (village fortifié de l’Âge de fer) de Montlaurès, à 4 km au nord-ouest de la ville actuelle. Narbo Martius, la colonie romaine, fut fondée en 118 avant J.C. Elle devint la ville la plus prospère de la Gaule du sud, et fut nommée par l’empereur Auguste capitale d’une province qui s’étendait de Toulouse jusqu’à Genève : Gallia Narbonnensis. Même à cette époque, son vignoble concurrençait fortement ceux de l’Italie. En l’an 92, sur demande des vignerons romains, l’empereur Domitianus ordonna l’arrachage de la moitié du vignoble Narbonnais. Il se peut que cela soit un précédent de contrôle de qualité, puisque les vignes arrachées seraient probablement celles plantées sur des sols riches plus aptes à la culture du blé que du vin.

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Narbonne : musée archéologique
Peinture murale romaine : détail

Les Wisigoths eux aussi élurent Narbonne comme capitale après l’avoir conquise en l’an 410. Ils occupèrent la ville jusqu’à l’invasion d’Espagne par les Arabes. Ceux-ci traversèrent les Pyrénées et prirent Narbonne en l’an 719. Mais Pépin le Bref (le père de Charlemagne) reconquit la ville en 759 et elle devint ensuite partie du royaume des Francs.

Après cette époque turbulente, Narbonne vit une nouvelle période de calme et de prospérité pendant le XIIIème siècle. La construction de la magnifique cathédrale gothique fut commencée en 1272, et les travaux se poursuivirent jusqu’en 1347 alors qu’un procès judiciaire y mit fin. Il aurait fallu démolir une partie des remparts pour construire une nef plus grande, et les conseillers de la ville n’étaient pas d’accord. Ils avaient raison ; la guerre de Cent Ans éclata peu après et prouva que les remparts servaient encore à protéger la ville. La cathédrale demeure toujours inachevée. Le magnifique Grand Retable de la Cathédrale, enfin restauré en Mars 2000, attire de nombreux visiteurs.

Dès la fin du XIVème siècle, Narbonne n’était plus qu’une bourgade. À la suite d’importantes inondations en 1320, le port s’ensabla, l’Aude changea de cours, et la ville se fit oublier. La Peste Noire de 1348, qui ravagea toute l’Europe, et la guerre de Cent Ans s’ajoutèrent à ses difficultés. Paul Riquet, architecte visionnaire du Canal du Midi, essaya de la faire revivre au cours du XVIIème siècle en construisant le Canal de la Robine pour relier la ville à sa grande voie navigable. Or, ses efforts rencontrèrent la résistance des dignitaires des villes avoisinantes et le nouveau canal ne fut achevé qu’en 1786. Maintenant, en grande partie grâce à l’industrie viticole, au tourisme, à la construction du chemin de fer et à quelques entreprises d’industrie légère, la ville s’épanouit de nouveau.

Divertissements

Le centre ville de Narbonne, divisé en deux par le Canal de la Robine bordé de fleurs, vous offre de multiples divertissements. Sans aucun doute, en faisant vos courses vous serez attiré par les Halles centenaires au bord du canal. Ce marché couvert est réputé être l’un des meilleurs de la France, et la foule qui fourmille autour des quelques 80 étals le confirme. Ouvert tous les matins de 6h jusqu’à 13h, le marché déborde de produits alléchants de la région : légumes, fruits, poissons, fromages, vins, charcuterie...

Le jeudi et dimanche matin le quai du canal près des Halles accueille un marché de fleurs et de vêtements. On peut enfin se restaurer aux cafés et aux restaurants ombragés par les platanes aux bords du canal.

Narbonne ne manque pas de restaurants, dont des restaurants étoilés (une visite à la Table St Crescent et à la table des Cuisinieirs Cavistes est vivement recommandée) ainsi que des restaurants plus modestes tels des asiatiques et des pizzerias. La ville possède également un cinéma multiplex, situé non loin du péage Narbonne-Sud, et un théâtre avenue Domitius. Les sportifs peuvent se baigner à l’Espace de la Liberté, pyramide de verre et d’acier qui fut inaugurée en 1989 pour commémorer la Révolution. Ici se trouvent piscines intérieures et extérieures de grandeur olympique, toboggans géants, et une pataugeoire pour les enfants. Vous pouvez également vous distraire à la patinoire ou au bowling... possibilité de se recharger les batteries en se rendant à la Cafétéria Liberté, renommée pour ses grands buffets à volonté.

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Narbonne : centre ville
Le canal de la Robine et le Pont des marchands

Découverte de la ville

Il ne reste que très peu de ruines romaines visibles, mais il semble qu’il y ait une multitude de fragments. Le Musée Archéologique se trouve dans le Palais des Archevêques (restauré par Viollet le Duc, architecte de la reconstruction de Carcassonne). Il abrite une collection de lapidaires et de céramiques importante, et de superbes décors peints et mosaïques découverts lors de fouilles dans la cité. A l’occasion de travaux dans la place de l’Hôtel de Ville, on a déterré des vestiges de la voie romaine, la Via Domitia. Ceci a été préservée ; elle s’ouvre maintenant aux yeux du visiteur. L’Horreum, entrepôt de blé à l’époque, maintenant un labyrinthe de galeries souterraines, abrite lui aussi des restes lapidaires romains. Le Musée Lapidaire, situé de l’autre côté du canal, possède également une collection de fragments. Si vous désirez voir quelque chose de différent, La Poudrerie, qui date du XVIIème siècle, a été convertie en musée de la viticulture et du vin. Le Musée d’Art et d’Histoire, à côté du Musée Archéologique, présente une collection qui comprend des peintures des écoles flamandes, italiennes et françaises, ainsi que des faïences françaises du XVIIIème siècle.

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Narbonne cathédrale
Le cloître

Enfin, il y a la cathédrale elle-même (ou plutôt les deux tiers d’une cathédrale), dont l’abside et le choeur de 40 m de hauteur en font la troisième structure gothique de France. Elle offre la possibilité de monter les 251 marches de la tour nord pour admirer un panorama des toits de Narbonne ; par les jours de beau temps on aperçoit le Pic de Canigou. Dans la Trésorerie de la cathédrale se trouvent deux magnifiques tapisseries flamandes provenant du début du XVIème siècle. Le retable restauré vaut vraiment le détour. La Basilique de Saint-Paul, la structure paléo-chrétienne la plus ancienne de Gaule vaut elle aussi la visite.

Pour voir le paysage avoisinant en toute tranquillité, il vous suffit d’emprunter une des péniches qui vous amèneront soit à Port-la-Nouvelle sur le littoral, soit au Somail, joli village au bord du Canal du Midi. Ces péniches partent du Pont des Marchands qui trouve ses origines dans un pont romain dont les arches soutenaient la Via Domitia jusqu’au port. Au Moyen-Âge furent construites les maisons et échoppes qui existent encore tout au long du pont. On peut également louer des bateaux ’sans conducteur’ au quai d’Alsace. Ou bien se rendre à Bize-Minervois en prenant le ’petit train touristique’ de la gare de Narbonne.

Pour plus de renseignements, s’informer auprès du Syndicat d’Initiative, place Salengro, derrière la cathédrale (Tél. 04 68 65 15 60 ; fax 04 68 65 59 12). Ou bien rendez-vous sur le site Web de Narbonne.

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Abbaye de Fontfroide
Chapiteaux

Abbaye de Fontfroide

L’Abbaye de Fontfroide, fondée en 1145 sur l’emplacement d’un établissement bénédictin, devint l’une des abbayes cisterciennes les plus riches et grandes du midi. L’un de ses abbés fut le Pape Benoît XII au XIIIème siècle. Elle figure aussi dans l’histoire des Cathares : la croisade contre les Albigeois fut déclenchée par l’assassinat d’un légat papal, Pierre Castelnau, un moine de Fontfroide.

L’abbaye se trouve dans une situation classique : nichée dans un vallon étroit, loin des plaisirs mondains et de ses soucis journaliers. Elle tomba en décadence à la suite de la peste noire en 1348, et des seigneurs, abbés par titre de courtoisie sans être moines, en prirent la responsabilité. Ils ont vraisemblablement décidé que le mode de vie monastique ne convenait pas à leur goût. Ils réaménagèrent l’abbaye en ajoutant des objets de luxe comme des foyers, des escaliers élégants, et des colonnettes de marbre dans le cloître, qui font penser plutôt à un château qu’à une abbaye.

Une famille de la région a acheté les ruines au début du XXème siècle, et a passé des années à les restaurer, au début entièrement à ses propres frais. C’est une interprétation très personnelle qui, quoiqu’elle puisse scandaliser les puristes de l’architecture cistercienne, peut aussi plaire avec ses contrastes visuels — comme, par exemple, les beaux portails en fer dans le réfectoire des frères convers, et les vitraux très colorés du XXème siècle dans l’église abbatiale. La grande église elle-même, avec sa voûte de 20 m de hauteur, illustre la simplicité et la rigueur caractéristiques des abbayes cisterciennes ; on y parvient en traversant un charmant cloître du XIIIème siècle. Dans le dortoir des moines sont exposés des vitraux fabriqués de morceaux de verre récupérés des églises de l’est de la France bombardées pendant la guerre de 1914-18. Les propriétaires se vantent de leur grande roseraie, qui contient plus de 2.000 rosiers, dont des espèces médiévales.

À noter : visite guidée uniquement (tous les 45 min.). Il y a aussi la possibilité d’assister à des concerts de chant grégorien pendant l’été. Dans la cour récemment aménagée, se trouvent une salle de dégustation et un restaurant, réputé excellent.

© Archétype Informatique, 11200 Camplong d'Aude,
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